Site consacré à l'éthique et à la philosophie des valeurs
suivre sur twitter

(Note: pour une lecture plus agréable, nous vous conseillons de télécharger cet ouvrage ou de commander le livre)


Après Husserl, on parvient enfin à Th. Lessing. En effet, alors que les écrits d’Husserl concernant l’éthique et l’axiologie formelle étaient quelque peu négligés (au profit de ses écrits concernant plus spécifiquement la phénoménologie), l’un des auditeurs qui avait assisté aux séminaires de Husserl, Th. Lessing, s’inspirant des idées du maître, réalisa un projet analogue dans un ouvrage intitulé : Studien zur Wertaxiomatik (sans aucune référence à Husserl, ce qui lui valut une correspondance quelque peu tendue avec ce dernier, qui s’estimait spolié de ses réflexions).

Lessing identifie plusieurs axiomes axiologiques, sur le modèle des axiomes mathématiques.

On distinguera tout d’abord les axiomes de constitution :
identité : « valeur X »= « valeur X »,
contradiction : « valeur X » a pour contraire « non-valeur de X »
tiers-exclu : soit « X » a une valeur, soit X n’en a pas.

Puis on identifiera les axiomes d’addition :
(valeur a + valeur b) > valeur a
(valeur a – valeur b) < valeur a

A quoi on pourra rattacher :
les axiomes de commutativité : valeur a X valeur b=valeur b X valeur a,
les axiomes d’associativité : (valeur a+ valeur b)+ valeur c=valeur a+(valeur b+valeur c), etc…

Cela permet de parvenir aux trois axiomes de dépendance proposés par Lessing dont : « Si la valeur de a dépend de la valeur de b, b a une plus grande valeur que a », qui permet de poser un principe de hiérarchisation.

Là encore, on voit que ces axiomes axiologiques relèvent des lois logiques ou mathématiques, appliqués aux valeurs. Sur ceux-ci peut donc s’édifier une science des valeurs réellement objective, objectivité assurée du fait qu’elle ne se sera pas établie sur un quelconque jugement de valeur non fondé.
Ces axiomes fixent les règles formelles que doivent respecter les jugements de valeur pour pouvoir s’articuler en raisonnements, mais n’indiquent rien quant au contenu des jugements de valeur eux-mêmes : par eux, nous savons que « la valeur de a » multipliée par la « valeur de b » est égale à la « valeur de b » multipliée par la « valeur de a », mais nous ne savons pas ce que peut être « a » ou « b », c’est-à-dire de ce qui peut avoir une valeur.